RECHERCHE


Projet CRSH sur les « fictions politiques » (2015-2018)

Financé par le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) du Canada, le projet « Fictions politiques – analyse des mises en récits fictives de la figure de la menace, de leur réception et de la constitution de publics médiatiques engagés » sera mené par une équipe internationale et multidisciplinaire composée de professeur.e.s, chercheur.e.s et étudiant.e.s (premier cycle et études supérieures) qui gravitent autour de la Chaire de recherche du Canada en étude de pluralisme religieux et de l’équipe PLURADICAL (FRQ-SC). Formés à l’analyse du public et des publics, à l’ethnographie, ainsi qu’aux analyses de discours des œuvres de la culture populaire, les membres du groupe seront impliqués à différents niveaux dans cette recherche. Pour les étudiant.e.s, ce sera l’occasion de mettre à l’épreuve d’un matériau original, celui des séries télévisées, leurs connaissances, compétences méthodologiques et réflexions théoriques.

Valérie Amiraux, en collaboration avec Patrice Brodeur (spécialiste des populations musulmanes au Québec et au Canada) et Marc Zaffran (spécialiste des séries télévisées), sera la directrice scientifique du projet, et Valentina Gaddi, collaboratrice de la CRC depuis 2012, sera en charge de sa coordination.

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Pluralisme et radicalisation (équipe FRQSC en fonctionnement, 2014-2018)

Comment comprendre les effets de l’expérience du pluralisme dans les sociétés sécularisées ? Quels sont les sites pertinents pour observer, décrire et analyser ces effets ? Comment le droit intervient-il dans la conversation publique sur le pluralisme culturel et religieux ? Quelles représentations de l’altérité circulent socialement, par voie médiatique notamment, sur lesquelles les acteurs sociaux s’appuient pour faire sens de ce qui leur arrive et pouvoir « agir », « interagir » dans les contextes pluriels ? Où se tiennent les conversations sur ces enjeux ? Comment les terminologies pour désigner les comportements des minorités culturelles circulent-elles dans l’espace public ? Dans quelle mesure la « contrainte » du pluralisme, c’est-à-dire l’idée qu’on ne peut échapper à ce cadre de vie dans les sociétés occidentales, peut-elle nous aider à comprendre la montée des intolérances ou les postures de repli de certains groupes, majoritaires et minoritaires ? Qui sont les « porteurs » de la radicalisation dans les sociétés où la visibilité des marqueurs religieux de certaines minorités déchaîne les passions ? Comment se tissent, socialement, les mailles du filet de la radicalisation des opinions produite par l’expérience du pluralisme? Telles sont les questions qui sous-tendent notre proposition d’équipe en fonctionnement sur l’articulation entre pluralisme et radicalisation qui poursuit, en l’affinant et la complexifiant, la programmation de l’équipe en émergence précédente (FRQSC, 2011-2013). Considérant le pluralisme comme une contrainte de vie ordinaire des sociétés contemporaines (et non comme un horizon normatif ou un projet politique), nous problématisons la radicalisation comme une forme d’interaction sociale produite par le rapport, direct ou médié, à l’altérité culturelle, ethnique et religieuse.

Notre équipe repose sur les compétences de sept professeurs et chercheurs relevant de différentes disciplines (géographie, urbanisme, sciences religieuses, sciences juridiques, sociologie) qui se sont intéressés, à partir de cadres théoriques, de problématiques et de terrains variés, à la question du pluralisme et du vivre-ensemble dans un contexte d’hypermédiatisation de ces sujets. Tous ont le souci d’un arrimage empirique de leurs travaux, que celui-ci prenne la forme d’une analyse des discours juridiques et des décisions de justice (Amiraux, Gaudreault-Desbiens, Koussens, Saris), des mises en scènes des représentations sociales de l’altérité (Amiraux, Brodeur, Koussens) ou de ses accomplissements pratiques et politiques dans l’espace urbain (Amiraux, Boudreau, Germain, Koussens). Cette pluridisciplinarité est le cadre cognitif duquel émerge notre programmation de recherche pour intégrer le développement d’activités structurantes de la recherche (formation des étudiants, ateliers de lecture, séminaires de méthodes, demandes de subventions, conférences, dissémination).

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Pluralisme et radicalisations (équipe FRQSC en émergence)

L’idée de départ de cette demande de soutien à une équipe en émergence est simple : comment peut-on documenter le lien entre le pluralisme, comme condition de vie des espaces démocratiques, et la radicalisation, que l’on conçoit généralement comme une mise à risque des espaces démocratiques en raison des positions extrémistes de certains acteurs ? Dans quelle mesure la contrainte du pluralisme, c’est-à-dire l’idée qu’on ne peut échapper à ce cadre de vie dans les sociétés occidentales, peut-elle nous aider à comprendre la montée des intolérances ou les postures de repli de certains groupes ? Pour un chercheur en sciences sociales, ces deux questions en appellent une troisième, plus épistémologique cette fois : où poser le regard ? Quels sites observer, quels acteurs suivre pour comprendre la façon dont se tisse le lien entre pluralisme du contexte de vie et radicalisation des opinions et des représentations, que l’on parle des minoritaires ou que l’on écoute les majoritaires ? Qui sont finalement les porteurs de la radicalisation dans les sociétés où la visibilité des marqueurs religieux de certaines minorités déchaîne les passions ?

PLURADICAL est une équipe constituée jusqu’ici informellement autour de la CRC en étude du pluralisme religieux (Amiraux) au CEETUM et qui a rassemblé Brodeur, Milot, Saris et des étudiants au cours de séminaires de travail (5 en 2009) et de deux écoles d’été (CERIUM, été 2009, été 2010).trémistes de certains acteurs? Dans quelle mesure la contrainte du pluralisme, c’est-à-dire l’idée qu’on ne peut échapper à ce cadre de vie dans les sociétés occidentales, peut-elle nous aider à comprendre la montée des intolérances ou les postures de repli de certains groupes ? Pour un chercheur en sciences sociales, ces deux questions en appellent une troisième, plus épistémologique cette fois : où poser le regard ? Quels sites observer, quels acteurs suivre pour comprendre la façon dont se tisse le lien entre pluralisme du contexte de vie et radicalisation des opinions et des représentations, que l’on parle des minoritaires ou que l’on écoute les majoritaires ? Qui sont finalement les porteurs de la radicalisation dans les sociétés où la visibilité des marqueurs religieux de certaines minorités déchaîne les passions ?

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Comment la religion des uns devient-elle l’affaire publique des autres?

Le pluralisme confessionnel des sociétés européennes est aujourd’hui l’enjeu de débats publics passionnels et tendus, qui interrogent leur capacité de cohésion sociale – un parallèle s’imposant aussitôt avec la controverse québécoise sur les accommodements raisonnables. Nonobstant les droits individuels et les statuts protégés par les constitutions nationales en matière de liberté religieuse, les croyances ne sont pas traitées sur un pied d’égalité en Europe et certaines (l’islam) sont « plus publiques » que d’autres.

Qu’il s’agisse de controverses sur la légitimité du port en public de signes à caractère religieux (turban, hijab, kippa, kirpan, burka), de l’organisation institutionnelle des confessions minoritaires (construction de lieux de culte, formation des ministres du culte, reconnaissance institutionnelle) ou encore d’interactions conflictuelles entre usagers et agents des services publics, les discussions sur la place publique du fait religieux croisent plusieurs niveaux d’analyse. Elles remettent en discussion ce qui avait peut-être un peu trop rapidement été considéré comme définitivement acquis, à savoir l’idée que la privatisation des questions de croyance et de conviction religieuse était une condition pré requise du bon fonctionnement des sociétés démocratiques. La France et le Royaume-Uni sont ainsi devenus le théâtre de débats, parfois de litiges autour de demandes de reconnaissance de droits liés aux appartenances confessionnelles de certains de leurs citoyens, au premier rang desquels, mais pas exclusivement, des musulmans.

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